La tyrannie de la facilité
28 February 2018
Ce que vous entendez maintenant, je le rédige chez moi, sur un ordinateur avec l’aide d’un traitement de texte. Une fois terminé, je l’expédie par courriel à la directrice de rédaction, qui habite dans un autre pays et qui me le renverra demain avec ses suggestions. Il faut reconnaître le mérite là où il est : le progrès technologique a des avantages.
Mais une facilité toujours plus grande est-elle toujours libératrice ? Si elle motive beaucoup de nos décisions dans la vie quotidienne, que sacrifions-nous en retour ?
C’est la question que pose Tim Wu, professeur à l’université de Columbia, dans un éditorial du New York Times, le 16 février.
Dans les pays développés du 21ème siècle, la commodité – des manières plus efficaces, plus rapides, plus faciles d’accomplir les tâches – est devenue une force dominante dans notre vie individuelle, comme elle l’était depuis longtemps dans l’économie en général.
Il semble parfois qu’elle soit devenue une valeur suprême et qu’elle décide à notre place, en dépit de nos préférences. Un exemple : la nourriture qu’on prépare soi-même a plus de chance d’être meilleure et est certainement plus saine, mais la tentation des repas tout prêts, au supermarché,