Esclavage : en France aussi
31 January 2018
Astan K. a 31 ans. Mariée et mère de deux enfants, elle travaille dans une crèche de la région parisienne et parle parfaitement français. En ce 22 janvier après-midi, c'est pourtant presque une adolescente timide qui se tient face à la barre du tribunal correctionnel de Nanterre. Il lui a été tellement difficile d'obtenir ce procès : plus de onze ans. Et puis, la prévenue, une cousine de son père, Madame Diallo est absente. Elle n'entendra pas les accusations portées pendant deux heures par Astan. Pas plus que son avocat, lui non plus n'est pas présent. Ils ont demandé un nouveau renvoi de l'affaire. C'est le quatrième. Cette fois, le tribunal l'a rejeté. Il a décidé d'écouter la terrible histoire d'Astan et ses cinq années d'esclavage. Dans un appartement de Châtenay-Malabry, à quelques encablures de Paris. En août 2000, Astan, 13 ans, rencontre Tenin Diallo, à un mariage au Mali. Cousine éloignée de son père, elle lui propose de l'emmener en France. « Je devais faire des études et m’occuper des enfants de temps en temps. Je lui ai fait confiance », raconte-t-elle. Deux semaines après son arrivée, la Malienne, qui ne parle que bambara, comprend sa méprise. Sa parente refuse qu'el