Avortement en Pologne : c'est - toujours - non
24 January 2018
C'est un mercredi noir. À Varsovie, à Cracovie, à Lódz, à Wroclaw, à Szczecin. Elles défient le froid, la neige et la police, et elles marchent. Elles protestent et lancent même, pour certaines d'entre elles, des ballons de peinture rouge sur la devanture des partis politiques d'opposition qui n'ont pas eu le courage de voter. De voter pour qu’elles aient le choix, la possibilité d'avorter. Le 17 janvier au soir, à l'appel de différentes organisations citoyennes, une majorité de femmes descendent dans les rues des principales villes de Pologne pour dire leur refus du renforcement de la législation sur le droit à l'avortement. « Nous savons quel est l’enjeu : l’interdiction totale de l’avortement en Pologne », affirme dans un tract la « Grève des Femmes », un des mouvements organisateurs. De fait, elles ont raison. Dans ce pays dirigé aujourd'hui par les ultraconservateurs nationalistes du parti Droit et Justice (PiS), l'Interruption Volontaire de Grossesse ( IVG) n'est autorisée que dans trois cas : danger pour la vie de la mère ou l'enfant, grossesse résultant d’un viol ou d’un inceste et malformation du fœtus. Il s'agit d'une des législations les plus restrictives d'Europe. Or, d