La Bulgarie prend la tête de l'UE
10 January 2018
On ne choisit pas sa famille, même lorsqu'elle est européenne. Et si le mouton noir ne doit pas forcément être chassé du clan, du moins ne me paraît-il pas nécessaire de lui donner les clés de la maison. Ni celles du coffre-fort. Surtout lorsqu'il s'agit du pays le plus corrompu de l'Union européenne. C'est pourtant ce qu'il vient de se passer. Le 1er janvier, Sofia a pris la présidence tournante de l'UE pour six mois, comme les statuts l'y autorisent. Mais ne devrait-on pas faire parfois une exception, pour le bien de tous ? Car enfin ce petit pays de 7,5 millions d'habitants situé dans les Balkans, au sud-est de l'Europe, n'a pas fait l'ombre d'un progrès en matière de corruption, en dix ans, date de son entrée dans le cercle, pourtant très fermé, de l'UE. Selon son propre Parlement, entre 14 et 22% de la richesse nationale partirait chaque année. Du petit pot-de-vin pour un médecin aux grands contrats, tout y passe. Selon une étude réalisée par le Center for the Study of Democracy en 2016, reprise par Le Monde, en Bulgarie « un adulte sur cinq était mêlé à une activité de corruption, en payant ou en acceptant un pot-de-vin ». Pire, d'après Nikolay Staykov, cofondateur de l'ONG A