Charlie Hebdo à nouveau dans l'œil du cyclone. Ou le droit à la caricature
15 November 2017
Les mots font froid dans le dos. « On va vous égorger » ; « Deuxième round à venir à Charlie » ; « Si personne se décide, moi, j’irai »…Voici quelques-unes des centaines d'intimidations que le journal satirique et anticlérical, Charlie Hebdo, reçoit depuis le 1er novembre dernier et qui expliquent qu'il a porté plainte pour « menaces de mort » et « apologie publique d'un acte de terrorisme ». Prenant très au sérieux ces appels au meurtre, le parquet a d'ailleurs ouvert, le 6 novembre dernier, une enquête préliminaire. Personne en France n'a oublié l'attaque terroriste du 7 janvier 2015 contre l'hebdomadaire qui avait fait douze morts, dont huit membres de la rédaction. Cette fois, c'est moins la religion qui est caricaturée que l'une de ses figures les plus médiatiques en France, Tariq Ramadan. Le fringant islamologue est accusé, depuis peu, de viol par deux jeunes femmes. « Charlie » a donc choisi de lui consacrer sa une. Et pourquoi pas ? Sous le titre : « Viol, la défense de Tariq Ramadan », on voit l'universitaire suisse en érection affirmant : « Je suis le 6ème pilier de l'Islam ». Au pays de Voltaire, un simple dessin et quelques mots… suffisent à déchaîner une vraie folie me