Des clichés sur nos clichés, ou de la beauté de la marginalité
21 June 2017
« Ed van der Elsken, la vie folle ». La. Vie. Folle. S'il vous plaît, prenez deux minutes et réfléchissez à cette expression. C'est, certes, le titre d’une exposition consacrée à ce photographe néerlandais, qui a lieu dans le magnifique musée du Jeu de Paume, à Paris, du 13 juin au 24 septembre. Mais c'est bien plus encore. La vie folle est une invitation au voyage dans ces années 50-60-70 où la folie était célébrée pour ce qu'elle est aussi : un gage de liberté, de créativité, d'originalité assumée... À des années lumières du monde 2.0 étriqué et codifié que l'on nous impose aujourd'hui, loin de cette mondialisation qui efface les spécificités des lieux et des personnes. Ces photos m’apparaissent comme une respiration, un moment de nostalgie.Je voudrais vous dire quelques mots de ce focus fait sur le Paris des années 50, date à laquelle l'artiste traînait dans les quartiers bohèmes et, parfois, mal famés de la capitale. Il en dresse une chronique sombre, où des couples s'étreignent, des jeunes s'amusent jusqu'à l'aube, ils s'oublient aussi dans la drogue et les discussions sans fin. Parfois, van der Elsken met en scène des icônes comme Valy Milers, une Australienne exilée à Pa