Kamel Daoud, la plume ardente d'un écrivain primé
13 November 2024
Markus Wissmann / Shutterstock
«
J'avais le cœur battant » à l'annonce du prix, raconte-t-il. «
Cela donne du sens à beaucoup de choses ». « On ne peut pas ne pas
plonger dans sa mémoire. La joie, quand elle est trop intense,
verse dans le cliché. » En ce 5 novembre au matin, Kamel Daoud
exulte. Sur France Inter, la radio publique, l’écrivain
revient sur sa consécration, la veille, annoncée dans le célèbre restaurant parisien Drouant. Le 4 novembre, l’auteur, et chroniqueur pour le magazine
Le Point,
s’est vu décerner le plus précieux des prix littéraires français, le fameux Goncourt. Il est le premier Algérien à recevoir cette
fameuse récompense. C’est son livre
Houris qui lui vaut cet hommage. Une fiction qui revient sur la guerre civile qui opposa, de 1992 à 2002, des groupes islamistes à l’armée algérienne. Ce conflit
sanglant a fait entre 60 000 et 200 000
morts et des milliers de disparus. Et, jusqu’à aujourd’hui, son évocation directe est impossible en Algérie,
qui a d’ailleurs interdit le livre. Purement et simplement.
Dans ce roman, l’auteur
met en scène l'histoire d'Aube, une jeune femme vivant à Oran et
qui a survécu aux années noires. Elle parle à cet enfant
qu’elle attend et qu’elle a surnommé « Hou