Haut-Karabakh : Et maintenant l’exode… forcé
4 October 2023
Des kilomètres de queue
pour atteindre Kornidzor, en Arménie. Des centaines de voitures, de bus, de
camions brinquebalants patientent les uns derrière les autres.
Le moteur est coupé,
l’attente se compte en heures,
en jours même pour certains,
et l’essence se fait rare. Les véhicules, parfois d’un
autre âge,
ont été remplis à la hâte. Quelques
effets personnels, des
couvertures, et des familles entières
qui s’entassent dans
l’habitacle. Sans un mot.
Comme hébétés par les neuf mois de blocus,
la faim et la
guerre-éclair qu’ils
viennent de subir. Ce peuple s’enfuit sans retour possible. Les Arméniens du Haut-Karabakh s’exilent,
préférant la valise –
même vide –
au cercueil.
Ils vivaient depuis deux mille cinq cents ans sur cette terre montagneuse du Sud Caucase, considérée comme
le berceau de leur civilisation,
coincée entre l’actuel Azerbaïdjan, l’Iran et l’Arménie. Une enclave peuplée d’Arméniens au sein de la République d’Azerbaïdjan
grâce à un cadeau de Staline en 1921. Un contexte où ils ont toujours été discriminés,
maltraités,
haïs. La république
autoproclamée du Haut-Karabakh a longtemps été l’une des rares démocraties de la région,
croyant, naïvement, que le respect de la lo