L’Europe regarde l’Italie avec inquiétude
3 August 2022
Alessia Pierdomenico / Shutterstock
C’est presque
une habitude. Tous les deux ans, parfois moins, l’Italie
pique sa crise politique. Et à chaque fois, le reste de l’Europe
retient son souffle. Cela a encore été le cas fin juillet, avec
la chute de l’exécutif de Mario Draghi. L’ancien gouverneur de la Banque Centrale Européenne était
revenu aux affaires en février 2021, en pleine pandémie du coronavirus. « Super Mario », comme il était
surnommé à Bruxelles, avait la
lourde tâche de sortir l’Italie de la crise sanitaire et économique. Il avait réussi à obtenir un large consensus des forces politiques. Toutes les formations, de la gauche à la droite nationaliste,
avaient soutenu sa candidature à la présidence du Conseil des ministres italien, à l’exception du parti postfasciste Fratelli d’Italia.
Cette très large majorité
a pourtant volé en éclats le mois dernier.
Lâché par le Mouvement 5 Étoiles, puis par les formations de droite Forza Italia et d’extrême droite la Liga, Draghi
a démissionné. Refusé dans un premier temps, ce départ a finalement été accepté par le président Sergio Mattarella jeudi 21 juillet. La démission de « Super Mario »
a provoqué des remous jusqu’à Bruxelles. Car elle plonge l’Italie
dans l’incert