SOS, hôpital en danger
8 July 2020
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C'était, en quelque sorte, la belle époque. De mars à mi-mai, dans toute la France, le même cérémonial se répétait tous les soirs à vingt heures. Quelques secondes avant le moment fatidique, tout le monde
se mettait à sa fenêtre et se regardait,
prêt à se lancer. Puis, vingt coups sonnants,
les applaudissements retentissaient dans les rues et les boulevards, les cours et les jardins. Des bravos et des mercis
fusaient d'un peu partout. Parfois, pour varier, certains accompagnaient même ce concert national de bruits de
casseroles. Les enfants
s'en donnaient à cœur joie ! On voulait que
le personnel soignant nous entende. Ces héros qui,
seuls au front,
luttaient contre le Covid-19 dans des hôpitaux souvent inadaptés
à force de coupes budgétaires.
À cette époque, médecins, infirmiers, aides-soignants, ambulanciers…
se sentaient aimés de leurs
concitoyens et respectés de leurs gouvernants. Ils en recevaient de belles promesses
quasi-quotidiennement. Le 25 mars à Mulhouse, par exemple, ville épicentre de l’épidémie dans le Grand Est, Emmanuel Macron disait vouloir engager un « plan massif d’investissement et de revalorisation de l’ensemble des carrières». De l'argent et des perspectives,