Un nouvel accord pour le participe passé
26 September 2018
Dans une tribune du journal Libération le 2 septembre, deux professeurs de français proposent de modifier les règles de l’accord du participe employé avec l’auxiliaire avoir, règles jugées « complexes et grammaticalement peu pertinentes ».Pour ceux et celles d’entre vous qui ne sont pas passionnés de grammaire, rappelons qu’en français, lorsqu’il est employé avec l’auxiliaire avoir, le participe passé s’accorde avec le complément d’objet direct si celui-ci le précède. Par exemple : les crêpes que j’ai mangées. Mais si le complément suit le participe, il n’y a pas d’accord : j’ai mangé les crêpes.
Nous sommes loin de la théorie de la relativité, et pourtant les enfants qui doivent apprendre ces règles sont parfaitement justifiés de poser la question : pourquoi avant et pas après ? – une question à laquelle les enseignants ne sont pas nécessairement capables de répondre. Cette ancienne règle, qui paraît aujourd’hui arbitraire, a une certaine logique quand on considère son origine, qui remonte au Moyen Âge, où les moines copiaient mécaniquement de longues phrases : l’accord allait de soi quand l’objet précédait le verbe ; mais si l’objet suivait, revenir en arrière pour accorder le ver