La Cour suprême kenyane invalide le scrutin du 8 août
6 September 2017
Le vendredi 1 septembre 2017, la Cour suprême kenyane a rendu sa décision : elle a invalidé l’élection présidentielle du 8 août dernier. En effet, cette élection, qui opposait Uhuru Kenyatta (vainqueur avec 54,27% des voix) à Raila Odinga, le chef de l’opposition, a été déclarée « invalide et nulle » pour cause d’ « illégalités et d’irrégularités ». C’est Odinga lui-même qui a fait appel au sommet du pouvoir judiciaire du pays, une cour instaurée par la nouvelle Constitution de 2010. Après avoir annulé l’élection, les juges ont annoncé qu’un nouveau vote devait être organisé dans les deux mois.Il est évident que cette décision revêt un aspect positif, ou en tout cas historique : c’est la première fois qu’un scrutin présidentiel africain est annulé par la justice. Cependant, je pense qu’il est encore beaucoup trop tôt pour parler de « victoire démocratique ». En effet, la réaction de Uhuru Kenyatta, président de la République et candidat à la réélection, parle d’elle-même. Il a ainsi critiqué la Cour suprême, l’accusant d’avoir « volé l’élection au peuple kenyan ». Pourrait-on s’imaginer ce type de réaction dans une véritable démocratie ? Comment peut-on accuser la juridiction s