Screen width of at least 320px is required!
/

La Chine teste le premier présentateur de journal télévisé virtuel au monde

L'agence de presse d'État chinoise Xinhua a présenté la semaine dernière les membres les plus récents de sa rédaction : des présentateurs virtuels de journal télévisé capables de diffuser des informations 24 heures sur 24, de n'importe où dans le pays. Ces deux présentateurs, dont l’image se base sur l’apparence de présentateurs en chair et en os de Xinhua, ont fait leurs débuts lors d’une conférence sur Internet.

Ces présentateurs ont été créés par l'agence de presse et le moteur de recherche chinois Sogou. L’un parle le chinois et l'autre l’anglais. Ils ont été programmés par apprentissage automatique pour imiter la voix et les gestes d’animateurs humains. Les présentateurs numériques peuvent être copiés et apparaître à différents endroits, ce qui les rend particulièrement utiles pour annoncer des informations de dernière minute, selon Xinhua. L’agence de presse affirme que ce présentateur peut « lire des textes aussi naturellement qu’un présentateur professionnel ».

Bien que ces présentateurs créés par l’intelligence artificielle soient censés être aussi réalistes que possible, aux yeux de certains, ils ne sont pas très convaincants. Un professeur de l'Université d'Oxford, Michael Wooldridge, a déclaré qu’il manquait au discours des présentateurs créés par intelligence artificielle le rythme de la voix humaine et qu'il était difficile de les écouter pendant plus de quelques minutes. D’autre part, selon le professeur Wooldridge, les téléspectateurs sont convaincus que les journalistes qui annoncent des informations sont des personnes dignes de confiance et les remplacer par des personnages virtuels pourrait nuire à ce sentiment.

Guillaume: Je suis d'accord avec le professeur Wooldridge. L'intelligence artificielle n’est pas près de remplacer complètement les humains.
Catherine: Ça ne devrait pas être le cas de sitôt. Mais comme nous en avons parlé la semaine dernière au sujet des gardes-frontières numériques à certains points de contrôle en Europe, les gens semblent déterminés à vouloir tester ce système, même s’il n'est pas parfait.
Guillaume: Mais, Catherine, personne n’aura envie d’entendre les nouvelles de manière aussi robotique ! J'ai regardé une vidéo de l'un de ces présentateurs virtuels, et c'était très ennuyeux à écouter. On n’aurait pas du tout dit un humain.
Catherine: Ce n’est peut-être pas le cas aujourd’hui… Mais, comme toutes les autres technologies, elle va progresser. Les entreprises n’ont jamais autant été incitées à recourir à l'intelligence artificielle.
Guillaume: Mais, cela pourrait coûter cher aux entreprises.
Catherine: Pourquoi ça ? Tout laisse à penser au contraire que c’est l’option la moins onéreuse.
Guillaume: Je vais te donner un exemple. Et si le programme est piraté et que le présentateur commence à dire autre chose que prévu ? Hum… Ce serait assez drôle, je pense. Tu imagines la scène ? Les producteurs de l’émission courraient sans doute dans tous les sens pour arrêter ce présentateur incontrôlable.
Catherine: Ce serait assez drôle, je suppose...