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Apparemment, eux aussi assument. Et sans complexe encore, puisqu'ils ont osé fermer la Tour Eiffel aux touristes pendant deux jours. Bravo !

Grève à la Tour Eiffel : la honte !

C'est l'une de ces histoires incroyables dont seule la France a le secret. L'une de ces affaires qui nous vaut notre mauvaise réputation mondiale, celle de peuple ingouvernable et épouvantable. Comment à vous qui n'êtes pas Français vous donner tort ? Comment vous expliquer l'invraisemblable ?

À savoir que la Tour Eiffel, 6,2 millions de visiteurs par an, a été fermée au public du 1er août, 16h00 au 2 août 22h00. En pleine période touristique. Et non pas pour des problèmes de sécurité. Non, ce serait trop beau. Mais juste parce que la direction ne sait pas négocier et que les syndicats ont choisi de faire grève. Oui, grève ! À ce moment-là. Empêchant des gens, qui ne viendront peut-être qu'une seule fois dans leur vie à Paris, de monter au troisième étage de cet édifice construit en 1889, pour l'exposition universelle. Je vous passe leurs commentaires plus que désobligeants. Ils ont raison. Mais ce qui me met le plus en colère encore, c'est la raison de cette protestation collective. Elle relève de la folie, totale.

Depuis le 1er juillet, une nouvelle organisation de l'accueil des visiteurs a été mise en place. 50% des billets sont désormais pré-vendus sur internet et ils permettent aux 10 000 touristes quotidiens de choisir un créneau horaire. Ces billets horodatés obligent les gens à faire la queue au pilier nord d'accès à la Tour, le second pilier étant dédié aux autres. Ce système entraîne, selon les syndicats, de grosses différences entre les deux files d'attente. En début d'après-midi et en soirée, l'ascenseur réservé aux billets pré-vendus monte presque à vide. Dans le même temps, les détenteurs de billets classiques doivent parfois faire jusqu'à trois heures de queue. D'où la proposition des syndicats de permettre à tous les visiteurs d'accéder aux deux entrées. Une file prioritaire étant conservée pour les préventes.

La société qui gère la Tour Eiffel a d'abord réfuté ces chiffres, puis promis d'essayer la réorganisation suggérée par les représentants du personnel. Les deux parties ont fini par trouver un accord le 2 août au soir. Mais la résolution du conflit ne pourra pas réparer les dommages causés, une fois de plus, à l'image de la France. Qu'importe que la direction de la société vienne de s'excuser auprès des visiteurs, le mal est fait. Elle en est co-responsable avec les syndicats.

Car enfin, les uns et les autres ne pouvaient-ils pas trouver un compromis ? La direction a laissé la situation dégénérer et les syndicats s'en sont donnés à cœur joie. Ils n'en sont pas à leur premier mouvement de contestation sur ce monument. En septembre dernier, la Tour avait été partiellement fermée dans le cadre d'une manifestation nationale contre la réforme du Code du travail. Et un mois plus tard… rebelote. Re-grève. Messieurs les dirigeants et les employés, personne ne vous oblige à travailler pour l'un des monuments les plus prestigieux au monde. Vos décisions nous impactent tous. Et franchement, on a honte pour vous et… pour nous.