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Là, au moins, on n'est pas obligé d'attendre 2019. Le nouveau système d'autopartage devrait commencer à fonctionner dès septembre prochain. Espérons que cette fois, cela sera géré correctement.

Le fiasco d'Autolib’ à Paris

Certains jeunes Parisiens les trouvaient bien pratiques, ces petites Autolib'. Ces voitures à deux places fonctionnaient à l'électricité et donc évitaient la pollution et le bruit. Elles disposaient de parkings spéciaux, ce qui représente un atout considérable dans une ville où il reste difficile de se garer. Avec une flotte de 4000 engins, ces Bluecar de couleur grise étaient louables partout. Et tout ceci pour un abonnement assez modique. À l'inverse, depuis sept ans, les propriétaires de voitures n'arrêtaient pas de râler après ces « pots de yaourt ». Les uns les trouvant trop petits pour y mettre une famille et les autres pointant du doigt les milliers de places de stationnement supprimés afin d'installer 6 000 bornes de recharge électrique. Depuis le 31 juillet à 23 h 59 précises, la guéguerre n'a plus lieu d'être. Ce service d'autopartage a été fermé. Brutalement. Mais la dispute qui sévit depuis des mois entre le groupe Bolloré et la Mairie de Paris n'est pas prête de s'achever.

Je vous passe tous les détails politiques. Sachez seulement que les Autolib' étaient gérées au sein d'un syndicat d'économie mixte qui regroupait la société Bolloré et 103 communes, dont la ville de Paris.

Avec le temps, cette offre de voitures électriques était devenue largement déficitaire. En 2018, les pertes ont atteint les 210 millions. C'est un fiasco financier dans lequel les opérateurs privés et publics se rejettent mutuellement la faute. Qui va payer la facture ? Evidemment, personne ne veut. Et ce d'autant moins que l'on parle aussi d'argent public, et donc d'impôts. Or, début 2020, auront lieu les élections municipales et la maire de Paris, la socialiste Anne Hidalgo, veut préserver toutes ses – maigres – chances d'effectuer un deuxième mandat. Il lui faut donc réduire au maximum les dépenses publiques tout en préservant l'environnement, ce qui est l'un de ses chevaux de bataille. Si on ne connaît pas encore l'issue de cette bataille, on sait en revanche que les Parisiens devraient bientôt pouvoir rouler écolo.

En septembre, le constructeur Renault va mettre en service deux engins électriques en autopartage : Twizy et ZOE. En décembre, ces véhicules devraient atteindre les 2000, ils seront accessibles sans abonnement.

Concurrence oblige, le groupe PSA est également dans les starting-blocks. Ses 500 Free2Move devraient être dans les rues de la Capitale dès novembre prochain. Quant au loueur de véhicules ADA, il fait circuler des engins électriques et thermiques dans le 11 et 12e arrondissement depuis le début de l'été.

En attendant, les places de stationnement qui appartenaient à Autolib' sont proposées aux propriétaires de voitures électriques. Seul hic : les bornes de chargement ne sont plus en service ! Nous verrons bien si dans les prochains jours elles sont prises d'assaut, ce dont je doute.

Une chose en tout cas est certaine, l'autopartage fait désormais partie du quotidien des grandes métropoles. On ne pourra plus revenir en arrière. N'en déplaise aux grognons