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Et à propos d'immigration, voyons ce que le premier ministre hongrois Viktor Orban a récemment déclaré.

Orban contre Macron

Ce n'est évidemment pas un hasard. Lorsque le premier ministre hongrois, Viktor Orban, donne une interview pour parler à l'Europe, il l'accorde à l'un des journaux les plus grand public du continent : le « Bild ». Le quotidien possède l'un des plus gros tirages de l'Union européenne. C'est le plus important en Allemagne, avec plus de deux millions d'exemplaires vendus chaque jour. Cet incroyable succès vient de son positionnement très conservateur, de ses faits divers sanglants et de son vocabulaire peu élaboré. C'est un vrai tabloïd, un journal qui parle aux déclassés allemands. Comme aux autres peuples. Or, à dix mois de l'élection des députés au Parlement européen, c'est bien à eux qu’Orban, un dirigeant autoritaire et souverainiste, veut s'adresser car il ambitionne d'accroître son pouvoir dans l'Union. Et le moins que l'on puisse dire c'est que pour servir son dessein, il y va au bazooka. Façon… Trump.

Comme le raconte Lemonde.fr du 30 juillet dernier, Orban propose de « renverser l’élite libérale » à la tête de l'UE et de supprimer la Commission européenne. Son programme ? La protection. Celle de la culture chrétienne en rejetant « l’idéologie multiculturelle », celle de « la famille traditionnelle et des enfants », qui doivent avoir un père et une mère. Et surtout, celle des frontières, avec « un rejet de l’immigration ». Rien de bien nouveau : Orban expérimente tout cela dans son propre pays depuis huit ans. Et il est constamment réélu.

Ce qui est moins habituel, en revanche, c'est qu'Orban s'attaque nommément à la France. Il prévient les Allemands que le but de Paris consiste à « imposer un leadership français, tout en le finançant par de l’argent allemand. (...) ». Il ajoute : « Nous ne voulons pas d’une Union dirigée par la France ».

Le lendemain de cet entretien, devant la minorité hongroise de Roumanie, Orban confirme sa vision de l'UE. Il propose par exemple de se rapprocher de la Russie de Poutine. Et tant pis pour l'OTAN, dont la Hongrie est membre ! Puis, il avoue son admiration pour la stabilité politique que le président Erdogan a su installer en Turquie. On croit rêver

Face à ces attaques grossières, Emmanuel Macron n'a pas jugé opportun de répondre. Il a laissé la ministre française chargée des affaires européennes réagir sur Twitter : « Critiquer l’Europe de l’Ouest pour son manque de démocratie et saluer en même temps la Russie et la Turquie : plus c’est gros, plus ça passe ? ».

Ce qu'il faut bien comprendre c’est que nous en sommes aux prémices de la confrontation entre les uns et les autres. Orban veut prendre la tête de la coalition souverainiste en Europe, il a l'appui de l'Italie, de la Pologne, de la Croatie, de la Bavière et d'une partie de l’Autriche. Cela ne constitue pas une majorité des électeurs européens. Encore. Mais, je me demande, qu'en sera-t-il en mai prochain ?