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Bonjour. Je m’appelle Nathalie. et j'ai grand plaisir à vous retrouver pour un nouvel épisode de notre programme hebdomadaire. Nous sommes le 8 août 2018. Dans la vie, on peut voir le verre à moitié vide ou à moitié plein. Et c'est ce choix que je vous invite à faire cette semaine. Je vais commencer par une histoire qui s'est déroulée au Danemark. Vous pourrez déplorer qu'un pays tolérant en arrive à verbaliser des femmes voilées, mais en même temps apprécier qu'un gouvernement réagisse face au radicalisme. Puis, j'enchaînerai avec les prises de positions du Premier ministre hongrois, Viktor Orban. Vous critiquerez peut-être ses attaques contre Macron, tout en lui reconnaissant une certaine logique : il loue Poutine et Erdogan ! En France, vous avez aussi le choix : regretter le naufrage d'Autolib'… mais vous féliciter que d'autres systèmes le remplacent. Vous réjouir que le téléphone portable soit enfin interdit à l'école… mais vous désoler qu'il faille une loi pour cela. Et enfin, vous satisfaire que la Tour Eiffel soit plus facilement accessible… mais déplorer qu'il ait fallu une grève pour cela.

Le nouveau visage du Danemark

Qui a raison, qui a tort ? Est-ce une erreur de défendre les valeurs auxquelles l'on croit profondément ? Celles qui constituent notre identité, celles de notre famille et de la société dans laquelle on vit ? Doit-on exprimer publiquement sa foi et sa religion ? Voici quelques-unes des ces questions auxquelles ce fait divers nous invite à penser.

Partons des faits bruts. Le 3 août dernier, dans un centre commercial de Horsholm au nord-est du Danemark, deux femmes se battent. L'une veut enlever de force à l'autre son niqab, un voile intégral qui couvre tout le visage, à l’exception des yeux. À l'arrivée des forces de l'ordre, la femme voilée a déjà remis sa tenue. Les policiers la prennent en photo, regardent les images de l'incident sur les caméras de surveillance et lui expliquent qu’elle va recevoir par la poste une amende de 134 euros. Puis, ils lui demandent de découvrir sa tête ou de quitter l'espace public. Elle choisit de partir.

Elle n'avait guère d'autre option. Depuis le 1er août, au Danemark, une nouvelle loi interdit le port de la burqa et du niqab en public, comme de tout accessoire qui cache le visage. Contrevenir à ce texte est passible d'une amende pouvant aller jusqu'à 1340 euros lors de la quatrième infraction. Le Danemark rejoint ainsi la Belgique, la France, l’Allemagne et l’Autriche, qui possèdent des mesures comparables. Les Pays-Bas ne devraient plus tarder. D'autant que cette restriction a été validée par la Cour européenne des droits de l’homme en 2014.

Le 1er août, une manifestation organisée autour de « Femmes en dialogue », un groupe féministe créé pour l’occasion, a dénoncé cette interdiction. Les deux mille protestataires reprochent au gouvernement de cibler uniquement les musulmanes. Et d'enfreindre les droits des femmes ainsi que la liberté de religion. Elles crient à la discrimination et sont soutenues par Amnesty International.

En face, l'exécutif rétorque qu'il s'agit d'abord de garantir la sécurité des individus et de défendre les valeurs laïques et démocratiques de la société danoise. Enfin, ajoutent les partisans de cette loi votée à la fois par les sociaux-démocrates et l'extrême droite, retirer le voile aide les immigrées à s'intégrer au Danemark.

Il y a du vrai dans les deux positions. Il me semble qu'effectivement, une société devrait être assez forte pour se moquer complètement de la façon dont certains s'habillent. Et que c’est le droit de chacun, tant que cela ne contrevient pas à la décence.