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En Afrique, maintenant : au Cameroun, où la tension s’accroît entre un mouvement séparatiste et un chef d’État inflexible.

Séparatisme anglophone au Cameroun

En l'espace de deux mois, un journaliste, 170 élèves et administrateurs d'un collège, et 30 voyageurs ont été enlevés, brièvement détenus puis libérés, parfois contre rançon, par des séparatistes anglophones au Cameroun.

Le site Jeune Afrique, dans son édition du 24 février, documente l'émergence du conflit armé qui déchire le Cameroun depuis 2017. Un conflit marqué par des affrontements presque quotidiens entre l'armée et les séparatistes, retranchés dans la forêt équatoriale, et que bandits et pillards mettent à profit pour racketter la population et les entreprises.

Le Cameroun, situé entre le Nigéria, le Tchad, la République centrafricaine et le Congo- Brazzaville, était au 19ème siècle une colonie allemande. À la fin de la première guerre mondiale, il est passé sous la tutelle de la Société des Nations, sa partie orientale étant administrée par la France et sa partie occidentale, par le Royaume-Uni. Il a accédé à l'indépendance en 1960. Officiellement bilingue, il est à 80 % francophone. Les 20 % d'anglophones sont pour la plupart concentrés dans deux régions orientales bordées par le Nigéria et le Golfe de Guinée.

Cette minorité accuse le gouvernement de favoriser la partie francophone et de ne pas respecter les exigences constitutionnelles relatives au bilinguisme : les enseignants se plaignent de devoir travailler en français ; les avocats critiquent le fait que les lois ne sont pas traduites et que les juges appointés par l'État ne parlent pas suffisamment l'anglais.

Aux manifestations, les forces de l'ordre ont répondu avec des balles réelles et d'innombrables arrestations. Les écoles sont fermées depuis des mois et des milliers de Camerounais vont chercher refuge au Nigéria.

Comme on pouvait s'y attendre, ces développements n'ont fait qu'encourager le mouvement séparatiste qui, le 1er octobre 2017, avait proclamé symboliquement l'indépendance des deux régions, sous le nom de république d'Ambazonie.

Depuis, c'est l'escalade des enlèvements et de la répression.

Paul Biya, président du Cameroun réélu l'année dernière et qui, d'une élection contestée à l'autre, s'accroche au pouvoir depuis 36 ans, est réputé pour sa gouvernance autoritaire et son absence de scrupules – pour ne pas parler de son absence tout court, car il passe la majeure partie de son temps en Suisse. Il a indiqué fermement qu'il n'est pas question de diviser le Cameroun.

Sur sa page Facebook, il a déclaré : « Que ce soit bien clair : il n'est pas interdit d'exprimer ses préoccupations dans la République. Cependant, rien de grand ne peut être accompli avec des excès de langage, la violence dans la rue et le défi à l'autorité. »

Langage familier, n'est-ce pas ?