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Bonjour. Je m'appelle Valentine et j'ai grand plaisir à vous retrouver pour un nouvel épisode de notre programme hebdomadaire. Nous sommes le 15 mai 2019. Au vu de l'actualité, je vous propose cette semaine de réfléchir à la « fin » et à ses conséquences. Cette fin tient de l'héroïsme lorsque deux soldats d'exception donnent leur vie pour sauver un couple de Français, en vacance au Sahel. Comme une sorte de parenthèse désenchantée. Je fais ici allusion à la défaite qui s'annonce historique pour le parti socialiste aux prochaines élections européennes. Cette formation saura-t-elle rebondir ? Et quid de nos différences ? Ne sont-elles pas en train de totalement s'effacer ? L'ouverture d'un nouveau magasin Ikea au centre de Paris n'aboutira-t-elle pas à renforcer l'uniformisation de nos goûts et de notre pensée ? Dans le domaine international, la même logique est à l'oeuvre.

En plus terrible encore, si on en croit le cri d'alarme lancé par des spécialistes de l'environnement : la biodiversité de la planète est sévèrement menacée. Un million d’espèces animales et végétales risquent de s'éteindre. Définitivement. En Turquie, ce sont nos dernières illusions qui sont mortes cette semaine. L'élection du maire d'Istanbul vient d'être invalidée. Il s'opposait à Erdogan, qui ne l'a pas supporté. Cette annulation signe clairement la fin de la démocratie dans ce pays. Tragique.

Permettez-moi de commencer notre conversation par un sauvetage qui suscite de nombreuses critiques. Faut-il venir en aide aux Français quitte à mettre en danger l'élite de nos soldats ? Une seule chose est sûre : personne n'est d'accord.

Otages : Une libération qui divise

15 May 2019
« Ils ont donné leur vie pour sauver les otages » : ainsi titrait le 12 mai, le Journal du Dimanche, en référence à la mort du maître Alain Bertoncello, 28 ans, et du maître Cédric de Pierrepont, 33 ans, deux sous-officiers de la marine, deux membres du commandement des opérations spéciales, l'équivalent français du Navy Seal Team 6. Le 10 mai, ces valeureux militaires ont trouvé la mort au nord-ouest du Bénin. Depuis, les éloges se succèdent et on loue leur héroïsme. Le 14 mai, à 11 heures, un hommage national a été rendu aux Invalides aux deux jeunes hommes. Emmanuel Macron a prononcé en personne l'éloge funèbre « solennel ». La cérémonie retransmise en directe a suscité une grande émotion, car ce sauvetage a fait l'objet d'une vaste polémique en France.

Le 1er mai, lors de leur voyage de noces, deux touristes français et leur guide béninois sont enlevés dans le parc national de la Pendjari, au nord du Bénin, le long de la frontière burkinabé. Ils effectuaient un safari. Le 4 mai, le ressortissant du Bénin est tué. Dans la nuit du 9 au 10 mai, le couple est libéré en même temps qu'une Sud-Coréenne et une Américaine, toutes deux détenues depuis près d'un mois par les mêmes ravisseurs, sans que personne ne le sache. Lors de ce sauvetage, deux soldats ont donc trouvé la mort. Le scénario du drame commence à émerger : les forces spéciales françaises ne donnent pas l'assaut, car elles ont l'ordre de ramener les otages vivants. Elles s'approchent du camp des ravisseurs, mais sont repérées à dix mètres du but. Les djihadistes leur tirent dessus et abattent deux membres du commando. L'armée tuera quatre terroristes, tandis que deux autres prendront la fuite.

On ne connaît pas l'identité des kidnappeurs, mais l'on sait que dans cette zone il existe deux principaux mouvements terroristes : le premier est affilié à Al Qaïda, l’autre à l’EIGS, l’État islamique au Grand Sahara. À leur arrivée en France, Patrick Pique et Laurent Lassimouillas, les ex-otages, ont été accueillis froidement par le président de la République et les ministres.

Si le vice-amiral et chef du commandement des opérations spéciales, Laurent Isnard, pleure ses « soldats exceptionnels », il approuve leur geste. Contrairement à beaucoup de politiques. Ainsi, le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, critique la légèreté de ces touristes : « Nous nous réjouissons du retour de nos deux compatriotes… mais il est vrai qu’ils ont été enlevés dans une zone clairement déconseillée à tous les voyageurs. C’était donc un risque majeur de s’y engager ».

Certains se demandent si on aurait dû sacrifier la vie de ces soldats pour deux vacanciers en mal d'aventures. La même question se pose lorsque des skieurs doivent être secourus en haute montagne alors qu'ils font, par exemple, du hors piste. Faut-il mettre en danger la vie de sauveteurs pour des inconscients ? Toutes les vies se valent-elles ? Sans doute oui, mais, décidément, la bêtise coûte cher.

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